
Impressionnant tout ce que peut vous confier une jeune Marocaine sur son "expérience professionnelle" dans un pays du Golfe. Grande, brune, belle, Bouchra est le profil type recherché dans les hôtels et cabarets de ces pays. Comme des centaines d’autres Marocaines, elle a tenté l’aventure. Elle nous raconte six mois de galère, d’exploitation et de séquestration qu’elle n’est pas prête d’oublier.
Aujourd’hui, elle en parle. Un brin de malaise, mais sans complexe. "Si j’avais su ce qui m’attendait là-bas je ne serais jamais partie", dit-elle. C’est qu’en s’apprêtant à quitter pour la première fois sa famille pour émigrer dans un pays du Golfe, Bouchra avait signé un contrat de six mois pour aller exercer là-bas son métier de coiffeuse. "Il n’était pas précisé dans le contrat que j’allais exercer en tant que coiffeuse”. On évoquait juste "travailler dans le secteur des services" pour une durée de 6 mois “renouvelable”. Une fois là-bas, on commence par lui retirer son passeport. Bouchra est sous la tutelle absolue de son nouvel employeur. Ce dernier a, effectivement un salon de coiffure où la jeune femme, comme une dizaine d’autres marocaines vont devoir travailler "pour la forme". La vraie besogne des jeunes filles s’avérera tout autre. Avec ses nouvelles collègues, Bouchra sera placée dans une maison constamment où elle sera comme les autres enfermée sans aucun droit de le quitter que pour sortir travailler. Et régulièrement, une fois par semaine voire par quinzaine, en compagnie d’un agent de sécurité de la boite, pour faire un petit tour en ville. "On avait besoin de rien. On avait une prise en charge complète en plus de notre salaire. On nous ramenait absolument tout ce dont on avaient besoin à la maison. Il suffisait de demander. C’est pourquoi il nous était strictement interdit de sortir", raconte Bouchra. S’inventer des talents d’artistes Très vite, on expliquera à cette jeune casablancaise ce qu’elle aura à faire contre son salaire mensuel qui était variable en fonction de ses performances. Dans la journée, si elle veut (!), elle peut descendre travailler dans le salon de coiffure du patron. "le travail dans le salon n’était pas du tout obligatoire. On le faisait quand même car ça nous faisait de l’argent supplémentaire", explique Bouchra qui a dû s’inventer des talents d’"artiste". Sa vraie tâche, pareil pour toutes les autres, était de danser et, à l’occasion, chanter dans le cabaret appartenant au même employeur. "Vers le coup de 20h, on devait s’enchaîner l’une après l’autre, ou à plusieurs sur la piste du Cabaret pour danser et chanter. Il nous fallait amuser le client par tous les moyens. Plus on chauffait la salle, plus le client est content, plus le patron le sera et mieux nous serons récompensées", raconte t-elle. En effet, le salaire de Bouchra et de ses collègues dépendait de l’état d’esprit du client. Outre un salaire mensuel net qui tourne en moyenne autour des 10.000 dirhams, les jeunes danseuses se voient souvent augmenter grâce (une sorte de prime) aux excès d’humeur des clients du cabaret. Tel que nous l’a expliqué Bouchra, le système est simple et pour le moins, motivant pour ces jeunes femmes en quête de devises ! "On procédait de la sorte : Je devais danser, chanter, bouger, sourire…Bref, tout faire pour plaire à un maximum de clients. Au sein même du cabaret, on vendait des colliers en fleurs, qu’un client satisfait achète pour le mettre autour du cou de celle d’entre nous qui l’aura le plus attirée. Chacun des colliers collectés valait une somme d’argent que la patron ajoutait à notre salaire". Plus elle se montre charmante et plus elle plaît au client, plus Bouchra ramassera de colliers et plus son salaire sera garni. "Pendant les six mois que j’ai passés là-bas, mon salaire mensuel atteignait ainsi facilement les 15.000 dirhams. Sans compter ce que je gagnais de mon métier de coiffeuse lorsque j’allais travailler au salon de coiffure", explique Bouchra. Un revenu aussi intéressant pour la jeune femme n’aurait pas suffit pour lui donner envie de renouveler son contrat. "J’ai été vite dégoûtée de ce système de vie et surtout, je ne supportais pas de rester enfermée". Qui dirait que la liberté n’a pas de prix ! Ça paye bien, et c’est le but D’autres filles tiennent le coup. S’y plaisent même. C’est qu’avant de partir, elles savaient bien ce qui les attendaient. Elles renouvèlent régulièrement leurs contrats de travail dont elles connaissent dorénavant très bien l’impertinence. Tant pis s’il y a séquestration, exploitation ou dépendance. Ça paye bien et c’est le but. Cette jeune femme de la ville de Kenitra se fait appeler Sabrina. "Mon prénom de travail" dit-elle. Son prénom artistique disons. Sabrina est en ce moment même au Maroc où elle est venue se ressourcer après les 6 mois passés dans un pays du Golfe. Elle reprend le souffle avant de s’engager de nouveau dans un contrat qui la ramènera pour six autres mois derrières les verrous. L’histoire de Sabrina ne diffère pas beaucoup de celle de Bouchra ou de celle des autres marocaines qui font ravage dans les pays du Golfe. La jeune femme est également danseuse dans un cabaret. Ses journées ne sont toutefois pas aussi libres que celles de Bouchra. Car, pendant la journée, elle doit s’occuper des clients par téléphone. Des discussions qui peuvent lui prendre plusieurs heures. Si Sabrina assure qu’elle n’a jamais eu de contact physique avec les clients, Bouchra affirme le contraire : "le patron ne rejettera jamais la demande d’un client qui souhaiterait passer une nuit en compagnie de l’une de ses danseuses". Ces jeunes filles sont, en effet, soumises à toutes les exploitations possibles et imaginables, notamment sexuelles.
Aujourd’hui, elle en parle. Un brin de malaise, mais sans complexe. "Si j’avais su ce qui m’attendait là-bas je ne serais jamais partie", dit-elle. C’est qu’en s’apprêtant à quitter pour la première fois sa famille pour émigrer dans un pays du Golfe, Bouchra avait signé un contrat de six mois pour aller exercer là-bas son métier de coiffeuse. "Il n’était pas précisé dans le contrat que j’allais exercer en tant que coiffeuse”. On évoquait juste "travailler dans le secteur des services" pour une durée de 6 mois “renouvelable”. Une fois là-bas, on commence par lui retirer son passeport. Bouchra est sous la tutelle absolue de son nouvel employeur. Ce dernier a, effectivement un salon de coiffure où la jeune femme, comme une dizaine d’autres marocaines vont devoir travailler "pour la forme". La vraie besogne des jeunes filles s’avérera tout autre. Avec ses nouvelles collègues, Bouchra sera placée dans une maison constamment où elle sera comme les autres enfermée sans aucun droit de le quitter que pour sortir travailler. Et régulièrement, une fois par semaine voire par quinzaine, en compagnie d’un agent de sécurité de la boite, pour faire un petit tour en ville. "On avait besoin de rien. On avait une prise en charge complète en plus de notre salaire. On nous ramenait absolument tout ce dont on avaient besoin à la maison. Il suffisait de demander. C’est pourquoi il nous était strictement interdit de sortir", raconte Bouchra. S’inventer des talents d’artistes Très vite, on expliquera à cette jeune casablancaise ce qu’elle aura à faire contre son salaire mensuel qui était variable en fonction de ses performances. Dans la journée, si elle veut (!), elle peut descendre travailler dans le salon de coiffure du patron. "le travail dans le salon n’était pas du tout obligatoire. On le faisait quand même car ça nous faisait de l’argent supplémentaire", explique Bouchra qui a dû s’inventer des talents d’"artiste". Sa vraie tâche, pareil pour toutes les autres, était de danser et, à l’occasion, chanter dans le cabaret appartenant au même employeur. "Vers le coup de 20h, on devait s’enchaîner l’une après l’autre, ou à plusieurs sur la piste du Cabaret pour danser et chanter. Il nous fallait amuser le client par tous les moyens. Plus on chauffait la salle, plus le client est content, plus le patron le sera et mieux nous serons récompensées", raconte t-elle. En effet, le salaire de Bouchra et de ses collègues dépendait de l’état d’esprit du client. Outre un salaire mensuel net qui tourne en moyenne autour des 10.000 dirhams, les jeunes danseuses se voient souvent augmenter grâce (une sorte de prime) aux excès d’humeur des clients du cabaret. Tel que nous l’a expliqué Bouchra, le système est simple et pour le moins, motivant pour ces jeunes femmes en quête de devises ! "On procédait de la sorte : Je devais danser, chanter, bouger, sourire…Bref, tout faire pour plaire à un maximum de clients. Au sein même du cabaret, on vendait des colliers en fleurs, qu’un client satisfait achète pour le mettre autour du cou de celle d’entre nous qui l’aura le plus attirée. Chacun des colliers collectés valait une somme d’argent que la patron ajoutait à notre salaire". Plus elle se montre charmante et plus elle plaît au client, plus Bouchra ramassera de colliers et plus son salaire sera garni. "Pendant les six mois que j’ai passés là-bas, mon salaire mensuel atteignait ainsi facilement les 15.000 dirhams. Sans compter ce que je gagnais de mon métier de coiffeuse lorsque j’allais travailler au salon de coiffure", explique Bouchra. Un revenu aussi intéressant pour la jeune femme n’aurait pas suffit pour lui donner envie de renouveler son contrat. "J’ai été vite dégoûtée de ce système de vie et surtout, je ne supportais pas de rester enfermée". Qui dirait que la liberté n’a pas de prix ! Ça paye bien, et c’est le but D’autres filles tiennent le coup. S’y plaisent même. C’est qu’avant de partir, elles savaient bien ce qui les attendaient. Elles renouvèlent régulièrement leurs contrats de travail dont elles connaissent dorénavant très bien l’impertinence. Tant pis s’il y a séquestration, exploitation ou dépendance. Ça paye bien et c’est le but. Cette jeune femme de la ville de Kenitra se fait appeler Sabrina. "Mon prénom de travail" dit-elle. Son prénom artistique disons. Sabrina est en ce moment même au Maroc où elle est venue se ressourcer après les 6 mois passés dans un pays du Golfe. Elle reprend le souffle avant de s’engager de nouveau dans un contrat qui la ramènera pour six autres mois derrières les verrous. L’histoire de Sabrina ne diffère pas beaucoup de celle de Bouchra ou de celle des autres marocaines qui font ravage dans les pays du Golfe. La jeune femme est également danseuse dans un cabaret. Ses journées ne sont toutefois pas aussi libres que celles de Bouchra. Car, pendant la journée, elle doit s’occuper des clients par téléphone. Des discussions qui peuvent lui prendre plusieurs heures. Si Sabrina assure qu’elle n’a jamais eu de contact physique avec les clients, Bouchra affirme le contraire : "le patron ne rejettera jamais la demande d’un client qui souhaiterait passer une nuit en compagnie de l’une de ses danseuses". Ces jeunes filles sont, en effet, soumises à toutes les exploitations possibles et imaginables, notamment sexuelles.
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